Spotify.png

Alors voilà, j'ai testé cette application dont tout le monde parle. Spotify, une sorte de Deezer-like, dont les morceaux sont coupés par de la pub, pour faire le chiffre. Pour pouvoir en bénéficier gratuitement, il faudra vous faire inviter. Soit.

J'ai donc téléchargé l'installeur Windows. Il est conseillé sur le site même de Spotify d'utiliser Wine pour le faire fonctionner sur un système GNU/Linux. Effectivement, sous Ubuntu, tout se fait tout seul, sans pépin.

Pour le reste, un champ de recherche, un lecteur audio, roule.

Testons donc leur discothèque. Car c'est l'essentiel, va t-on retrouver ce qu'on a envie d'écouter. C'était un des points faible de Deezer.

  • NOFX : 225 pistes. On commence facile avec ce groupe américain énorme qui devrait normalement avoir toute sa disco de disponible. Une page artiste présente la bio et la disco du groupe. Mais aussi des artistes similaires. Pour la disco, on trouve Maximum Rock N'Roll (leur pire album), mais pas The Longuest Line, War On Errorisme, Wolf in Wolves Clothes ou encore le dernier Coaster. Toute la discographie récente est absente. Ça promet.
  • Radiohead : Essayons avec un artiste plus connu encore, me dis-je. Radiohead voit la quasi-totalité de sa discographie présente sur le site. Seul manque le petit dernier, In Rainbow. Bon c'est déjà pas mal.
  • Thrice : Toute la discographie de l'ancien groupe de Island Record est disponible.
  • Minor Threat : Essayons maintenant avec une vieille gloire américaine, qui a maintenant cessé ses activités. 4 pistes ! Oui, 4 pistes ! Et le groupe, pourtant précurseur dans son domaine et encore considéré comme un des meilleurs en son genre, n'est même pas répertorié ! Seul quelques reprises apparaissent ! On peut également trouver des reprises du morceau Straight Edge en faisant la recherche sur le nom du morceau. Mais là encore, pas de Minor Threat...
  • Leftover Crack : Peut-être qu'un artiste américain actuel et indépendant aura plus de résultats. 16 pistes, une fiche artiste qui existe par contre. Un seul des deux albums référencé. On peut commencer à se poser certaines questions.
  • Satanic Surfers : 3 Albums disponibles. Plutôt de début de carrière. Léger.
  • Flogging Molly : Toute la disco (!) du groupe est disponible. Impressionnant.
  • Capdown : Le groupe anglais qui n'a jamais connu le succès mérité a toute sa discographie de disponible.
  • Tryo : Passons à du français puisque c'est ce qui nous intéresse. Pour commencer gentiment c'est le groupe de chanson reggae Tryo que nous allons chercher, leur notoriété n'étant plus à démontrer. Après tout ils remplissent les Zénith. 113 pistes, c'est pas mal. Voyons voir la fiche artiste. Petite bio correcte bien que en anglais, tous les albums disponibles, même le dernier. Rien à redire, commençons à nous amuser.
  • Guerilla Poubelle : les jeunes parisiens remplissent les salles françaises, qu'allons nous trouver sur Spotify ? 1 piste, la reprise de Chocking Victim, 500 Channels. Et pas de fiche artistes.
  • La Ruda : Groupe français un peu plus connu et surtout plus ancien, la Ruda compte 99 morceaux sur Spotify. Quand même ! Les deux derniers albums sont là, mais pas les deux premiers. Le résultat est quand même convainquant.
  • Uncommonmenfrommars : 1 morceau ! Et parce qu'ils sont présents sur une compilation de Air Guitar !
  • Burning Heads : Les légendes du punk rock français ont 4 albums sur Spotify.
  • PKRK : Un petit morceau disponible...
  • Zéro résultats : Les Vulgaires Machines, Diego Pallavas, Zabriskie Point, Tagada Jones (!), Crumble Lane, Sling69, Toxxic TV, Seven Hate, Les Ramoneurs de Menhirs, bref, toute la scène punk rock francophone d'hier et d'aujourd'hui.

Que penser alors de Spotify. On y trouve pas mal de choses, quand même. Mais on ne peut pas se fier juste à ce logiciel. Il est en effet presque impossible pour les types de Spotify d'être exhaustif, de mettre sur leurs serveurs toute la musique du monde. Donc, dès lors qu'on est amateur de musique, qu'on a ses préférences, qu'on cherche à complexifier ses recherches musicales, ce genre de solution est complètement dépassée : on y trouvera que ce qui est beaucoup écouté.

Pire, on pourrais voir dans une situation ou seuls quelques logiciels contrôleraient le marché de la distribution musicale en ligne, une forte suggestion de ce qu'il est bon d'écouter ou de ne pas écouter. Une situation qui, elle, nuirait à la culture.

Bref, Spotify, bien, mais pas pratique au quotidien.